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ESC Pau refuse de figurer dans le classement l’ Etudiant 2006

Communiqué de l’ ESC Pau sur les raisons de ce refus et précisions.

Ce que tout le monde pense et n’ose pas dire sur les classements des Grandes Ecoles

Un magazine vient de publier un nouveau « palmarès des Grandes Ecoles de Management ». Pour la première fois, une Grande Ecole de Management membre du Chapitre des Grandes Ecoles de Management, délivrant le Grade Master, n’a pas souhaité apparaître : l’ESC PAU.

Les classements ont pour objet de donner les informations nécessaires d’une part au choix d’Ecoles par les familles et au choix des candidats par les entreprises. Y parviennent-ils ?

Le plus souvent ces classements ne concernent qu’une trentaine d’écoles de commerce (dites « les meilleures ») sur les 220 écoles comptabilisées par le Ministère de l’Education Nationale [1], soit à peine 14%. Conséquence immédiate : la dernière école du classement est de fait la 30ème sur 220. Mais que retient le lecteur ? Qu’elle est simplement dernière ! Et donc mauvaise. Ce qui, on le voit ne correspond pas à la réalité. Et aucun commentaire additionnel, du type « elle est dernière mais il s’agit d’une bonne école » ne change quoi que ce soit.

Les méthodologies sont également sujettes à caution. Elles sont d’ailleurs régulièrement contestées par les écoles, y compris les plus grandes. Empressons-nous de dire que la tâche est délicate. D’ailleurs tous les journalistes le reconnaissent : « oui c’est compliqué, mais il faut bien classer ! ».

De plus ces méthodologies sont quelquefois secrètes ! Depuis décembre dernier, nous avons demandé à ce magazine sa méthodologie. Nous n’avons pu l’obtenir ; ce qui explique notre refus de participer à ce palmarès. Est-ce qu’un candidat à un concours d’entrée à une Grande Ecole accepterait son classement sans connaître ses notes et les coefficients ? Les Ecoles se trouvent dans la même situation. Il ne s’agit pas de juger la méthodologie. Nous considérons que ce choix appartient aux journalistes. Comme le choix de participer ou non relève de la décision de chaque école.

Questionnaires démesurés (plus de 70 questions le plus souvent), , réponses pas toujours vérifiées, données inégales -parce que certains critères, trop difficiles à mesurer sont écartés- questions peu pertinentes pour mesurer la qualité d’une école.

Un exemple parmi tant d’autres : pour certains la qualité d’une école dépendrait du nombre de diplômés ; partant du principe qu’un réseau de 20.000 diplômés est plus efficace qu’un réseau de 5.000. Incontestable. Sauf que ce critère condamne irrémédiablement les écoles les plus récentes (est on plus mauvais parce que non centenaire ?) ; par ailleurs en quoi le nombre de diplômés est-il un indicateur de la qualité actuelle d’une école ?

Les classements actuels ne mesurent pas l’innovation et singulièrement l’innovation pédagogique. Or, c’est bien celle-ci qui conditionne la qualité future d’une école.
Ces classements induisent des effets pervers évidents.

Comme le souligne l’AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business) [2] « plusieurs écoles affectent des ressources à des activités qui leur permettront d’améliorer leur place dans les classements… mais celles-ci n’ont que peu à voir avec la qualité ».
Ils induisent une certaine homogénéisation des écoles. En conséquence une école qui souhaite se différencier, se positionner sur une niche, exprimer des méthodes différentes, n’a que peu de chance d’être bien classée.

A quoi donc servent ces classements ?

D’abord à vendre les magazines. « les palmarès servent aussi à faire vendre des journaux » comme s’exprimait le Directeur de L’Etudiant dans son numéro de décembre 2005. Ensuite ils apportent un regard externe aux écoles et leur permettent une certaine vigilance. Enfin ils donnent des informations aux familles et aux recruteurs pour choisir leur école et leurs futurs collaborateurs. Ils sont utiles et nécessaires.

Mais à condition que la méthodologie soit convenable, que les données utilisées soient vérifiées. Sinon au lieu d’aider les uns et les autres, ils apportent de la confusion et surtout ils peuvent faire croire à tort que telle école est mauvaise dans l’absolu.

Afin que les classements puissent réellement jouer leur rôle, nous proposons que :

  • les méthodologies soient transparentes, impartiales et crédibles
  • les données transmises par les écoles soient systématiquement contrôlées
  • les écoles soient évaluées par catégories homogènes
  • les équipes en charge des classements soient accompagnées par des experts du monde des Grandes Ecoles ayant une crédibilité et une indépendance reconnue

Pour ce faire nous proposons qu’un groupe de travail constitué de représentants des magazines et d’Ecoles construise un référentiel qui puisse constituer une véritable aide à la décision pour les familles et les recruteurs.

Nous comprenons que ceci implique que les magazines doivent consacrer des moyens plus importants à la publication des classements, mais à la hauteur des enjeux : la réputation des écoles et de leurs équipiers.

Nous vous proposons de terminer avec Jay Light, Dean de la Harvard Business School [3] :

La difficulté avec les classements réside dans le fait qu’ils ne reflètent aucune des distinctions complexes et intéressantes parmi les écoles de management ou parmi les candidats ; ils partent du principe que toutes les écoles et tous les candidats sont les mêmes. En fait les écoles de management sont assez différentes les unes des autres, et Harvard est même probablement plus différente que les autres. Ainsi, les classements ne sont rien moins qu’un effort pour augmenter la vente des magazines et des journaux, avec peu de fondements dans ce qui est réellement important de savoir d’une école.

Diêù TRINH-XUAN, Président du Conseil d’Administration du Groupe ESCPAU
Philippe LAFONTAINE, Directeur du Groupe ESCPAU

[1] Cf : repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche – Ministère de l’Education – aout 2006
[2] Association américaine d’accréditation des écoles de management – « The Business Schools Ranking Dilemma »
[3] « Bulletin On Line – HBS Alumni » Sept 2006 – www.alumni.hbs.edu/bulletin/2006/september/light.html.

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Pour aller plus loin, nous abordons ce sujet dans le forum, avec quelques précisions : Refus de l’ ESC Pau de figurer dans le classement l’ Etudiant 2006

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5 commentaires »

  1. Bravo à l’esc Pau
    Il serait temps que ces classements reflètent la réalité

    Commentaire par Raffarin — 16 novembre, 2006 17:38

  2. Les classements de la presse française sont effectivement très impartiaux : méconnaissance voire incompétence des journalistes sur les sujets traités (qui l’article d’après traitent d’écologie ou de culture…), critères d’évaluation subjectifs et arbitraires, réponses non vérifiées, ‘corruption’ de certains journalistes (cadeaux, invitation à l’hôtel…) et impartilité du journal lui même (pubilicités de l’école dans les pages de ce journal, sponsoring de certains événements…)

    Au nom de rien ni de personne, les journalistes se sont attribué le droit de juger la qualité d’un établissement supérieur. Le seul objectif (comme tous les classements sur les meilleurs villes de France, les entreprises préférées…etc…) est de vendre le maximum de journaux et ces classements ne refletent aucune réalité sur la valeur des établissements. Je crois qu’il faudrait regarder de près les propositions faites par cette école. Bravo.

    Commentaire par Audrey — 17 novembre, 2006 16:26

  3. IECS-Strasbourg se singularise en 2006 (cf.le site)par:
    1- L’obtention dès la 1ère année d’une licence en management,
    2- L’obtention du Master’s d’Etat de recherche en plus du Master’s grande Ecole,
    3- Des performances continues et inégalées à la Centrale des Cas de la CCIP,
    4- La délivrance d’un Doctorat au sein de la Grande Ecole.
    5- Des Etudiants aux performances uniques lors des compétitions inter-écoles de management,
    6- une ouverture internationale naturelle (Allemagne, GB, USA etc.),
    Je ne suis pas loin de penser comme l’ESC Pau que ces critères de classification des Ecoles sont à prendre avec beaucoup de réserves.

    Commentaire par Joseph Anoma — 25 novembre, 2006 10:52

  4. je suis entièrement daccord avec le raisonnement de l’esc pau. Les classements sont le plus souvent faux sinon comment expliquer les différence d’un journal à l’autre.

    Commentaire par Zyriab — 28 juin, 2007 18:11

  5. Y’a qu’a voir sur wikipedia les postes occupés par les anciens elèves de pau pour s’assurer que c’est l’une des meilleurs écoles de commerce de france.

    Commentaire par Zyriab — 28 juin, 2007 18:13

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> Dans une lettre ouverte au président de la République intitulée « Chronique d’une crise annoncée dans les universités », Lionel Collet, le président de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), Simone Bonnafous, et Jacques Fontanille, vice-présidents de la CPU s’interrogent sur « la proportion des moyens nouveaux qui parviennent réellement aux universités pour améliorer leur fonctionnement quotidien et la qualité de l’accueil des étudiants » et « sur la réalité des dotations de l’Etat pour les neuf campus retenus par l’opération campus ».


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« Malaise grandissant » dans les universités, selon la CPU
> Dans une lettre ouverte intitulée « Chronique d’une crise annoncée dans les universités », Lionel Collet, le président de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), Simone Bonnafous, et Jacques Fontanille, vice-présidents de la CPU, interpellent le président de la République sur trois points qui risquent, selon eux, de « mettre le feu aux poudres » : la modification du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs, la formation des enseignants et l’accord du 18 décembre dernier entre la France et le Vatican sur la reconnaissance des diplômes nationaux.

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